Été 2013
• Le Café du coin, de Sait Faik Abasiyanik
Recueil, 192 pages, 17€
Un café-refuge, sous une tonnelle, dont le
narrateur essaie de percer le mystère ; un vieillard aux airs de barde
qui fait le tour des îles pour carder matelas, duvets et oreillers et
qui rend l'âme sur l'embarcadère ; deux marchands de journaux de père en
fils qui racontent comment ils en sont arrivés là ; le borgne du
village qui transforme un lopin rocailleux de l'île en potager
florissant ; dans un autre café, cet homme qui égrène son chapelet, se
le fait voler, ou le perd, et soupçonne le narrateur qui l'observe,
narquois… Dans les vingt-deux nouvelles abruptes, mélancoliques et
drôles à la fois qui composent ce recueil paru quatre ans avant sa mort,
l’un de ses plus aboutis, Sait Faik confère au petit monde des oubliés
de la vie qu’il côtoie entre Istanbul et son île de pêcheurs une
étonnante grandeur littéraire.
• Les enfants du Romanestan et Cantates des deux Continents, de Moris Farhi
Roman, 304 pages, 22€ - Recueil de poèmes et gravures, 160 pages, 15€
Il s'agit d'une part d'un roman sur l'épopée et la destinée des Roms d'Europe centrale, d'autre part du recueil de l'ensemble de l'œuvre poétique de Moris Farhi. Comme les autres titres de notre collection "Poésie étrangère", Cantate des deux continents
comprend un chemin graphique parallèle, ici confié à Florence
Hinneburg, graveur et déjà auteur chez Bleu autour d'un ouvrage mariant
textes et images, La Chambre aux pommes.
Automne 2013
• Je ne parle pas la langue de mon père, de Leïla Sebbar
Récit, 160 pages, 12€
« Mon père,
l'Algérien, le maître d'école, ne m'a pas appris la langue de son peuple. Il ne
m'a pas parlé la langue de sa terre, de sa mère. Il s'est tenu loin dans le
silence. De son roman familial algérien, je n'ai rien su. Mon père est mort.
Après toutes ces années d'exil, d'histoires racontées, écrites pour découvrir,
comprendre ce qui n'a pas été dit, c'est par les femmes et les hommes de son
peuple, qui parlaient sa langue, que je tente d'approcher mon père, l'étranger
bien-aimé.
Un travail de
mémoire qui s'est imposé à moi, vital. » Leïla Sebbar
• Le pays de ma mère - Voyage en Frances, de Leïla Sebbar
Textes et images, 272 pages, 28€
Après sa trilogie de livres du côté de son père (Mes Algéries en France – Carnet de voyages ; Journal de mes Algéries en France ;
Voyage en Algéries autour de ma chambre,
Abécédaire), Leïla Sebbar compose
avec Le pays de ma mère – Voyage en
Frances un ouvrage du même type où se croisent textes et images.
Il s’agit d’une mythologie affective de la France, de ses Frances, d’une géographie intime et
politique de cette terre, née pour elle « de l’Algérie natale, française
et coloniale ».
Il s’agit aussi, comme dans sa
trilogie sur ses Algéries, d’une autobiographie collective.
• Femmes en métiers d'hommes, de Juliette Rennes
Cartes postales (1890-1920) 160 pages, 25€
À la belle époque du féminisme et… de l'antiféminisme, on débat sans fin
sur le droit et la capacité des femmes à exercer des métiers
historiquement masculins. C’est ainsi que, héroïsées, érotisées ou
ridiculisées, les premières doctoresses, avocates, cochères,
charpentières, etc., font florès sur les cartes postales qui connaissent
alors aussi leur âge d'or. Juliette Rennes (de l’EHESS) analyse les
espoirs, fantasmes et craintes que suscitèrent ces « femmes de
l’avenir » pas toujours advenues…
• Une enfance turque
Textes inédits recueillis par Elif Deniz, 320 pages, 24€
Ester Benbassa, Yiğit Bener, Serçuk Demirel, Moris Farhi, Nedim Gürsel, Esther Heboyan, Selim Ileri, Ahmet Insel, Demir Özlü, Rosie Pinhas-Delpuech, Ayşe Sarısayın… Plus de trente « gens du livre », écrivains pour la plupart, racontent leur enfance, urbaine ou villageoise, aux quatre coins de la Thrace et de l’Anatolie, dans des familles d’origines diverses, entre les années 1930 et 1980. La mosaïque de leurs récits dessine en filigrane une Turquie qui éclaire celle d’aujourd’hui, plus prospère et peuplée mais moins plurielle et laïque, et toujours exposée aux vents violents de l’Histoire.