Du 10 mars au 16 avril 2009, l'exposition d'Eloi Valat qui a précédé l'édition de l'album Le Journal de la Commune sera présentée à la Bibliothèque francophone multimédias de Limoges. Plus de soixante-dix panneaux grand format à découvrir à cette occasion.
En attendant, Eloi Valat fait paraître cet automne un second album historique, L'Enterrement de Jules Vallès, un événement marquant de l'histoire — rouge — de la capitale qui a donné lieu à de riches comptes rendus.
La présentation, par son auteur, du livre à paraître en octobre 2008, L'enterrement de Jules Vallès :
Le 14 février 1885, au 77 du boulevard Saint-Michel, chez le docteur Guébhard, meurt le Communard, le journaliste et écrivain Jules Vallès, l’auteur de L’Enfant, du Bachelier et de L’Insurgé. Le fondateur et directeur du Cri du Peuple s’éteint dans sa cinquante-troisième année, très affaibli par la maladie. Séverine, l’épouse du docteur Guébhard, la « fille spirituelle» de Vallès, recueille ses derniers mots : « J’ai beaucoup souffert. »
Le 16 février, les « obsèques rouges » de Vallès verront derrière le corbillard des « pauvres » se réorganiser, quatorze ans après la Commune, « l’armée communaliste » qui effraie tant les partis et journaux conservateurs.
Sur le cercueil recouvert d’un drap noir ont été déposés l’écharpe rouge à glands d’or du Communard et la couronne des élus de la Commune. Quand le cortège s’ébranle, Séverine et le docteur Guébhard ouvre le deuil. Viennent ensuite les rédacteurs du Cri du Peuple, Millerand, Rochefort, Victor-Meunier, Champy, suivis de vingt-deux membres de la Commune de 1871 et de personnalités politiques, telles que Jules Guesde, Maxime Lisbonne, Georges Clemenceau, Léon Cladel, Carjat (Louise Michel, emprisonnée, est absente). Il y a encore des anarchistes et, enfin, le fleuve humain du peuple ouvrier, des « lamentables, des désespérés », tous engagés le temps d’une journée derrière l’étendard de la révolte. Pour la première fois depuis la Commune, les drapeaux rouges sont déployés, un drapeau noir est arboré, le bourgeois est effrayé.
Sur le parcours qui mène au Père-Lachaise, les badauds forment une haie compacte et ininterrompue. Aux vivats répondent insultes et quolibets, souvent des bagarres éclatent, notamment pour tenter d’enlever la couronne d’une délégation de socialistes allemands.
On crie : « Vive la Commune ! Honneur à Vallès ! Vive la Révolution ! À bas les bourgeois !
Vive l’Internationale ! » Gare à ceux qui n’ôtent pas leur chapeau… On répond : « À bas les Communards ! À bas les Allemands ! Vive la France ! »
Au lendemain de cette journée, Le Cri du Peuple titre « Paris debout ! », et Eugène Pottier écrit un poème à la gloire de l’Insurgé :
« Paris vient de lui dire : Adieu !
Le Paris des grandes journées,
Avec la parole de feu
Qui sort des foules spontanées.
Et cent mille hommes réveillés
Accompagnent au cimetière
Le candidat de la misère,
le député des fusillés. »
La restitution de cette journée par le dessin, accompagné de textes des contemporains de Vallès ainsi que de lettres de sa correspondance, trace un portrait inédit de l’écrivain, du journaliste, du révolté.