Constantinople n'attend plus personne  
    Mehmet Yashin  
    Poésie étrangère  
    Traduit du turc par Alain Mascarou  
    13 x 17 cm  
    128 pages  
    Dos carré cousu  
    parution : novembre 2008  
    EAN : 9782912019929  
    prix indicatif : 13.00 €  
    Ouvrage publié avec le concours du Centre National du Livre  
    Disponible le 5 novembre  
 
       
Résumé  

 

Mehmet Yashin, né à Chypre en 1958, est aujour­­d’hui l’un des poètes majeurs de langue turque. Traduite dans de nombreuses langues, son œuvre, marquée par l’histoire de Chypre, ne l’avait jamais été en français. Cette anthologie a été composée par lui-même. « L’espace de mon identité, écrit-il en épilogue, ne peut être que ma poésie. »

YashinExtrait
Constantinople n’attend plus personne
dans la cabine d’interprète il y a une femme aux yeux bleus
nous parlerions avec d’anciennes voix si nous devions parler.
Maintenant langue étroite
et obscurité. Comme un trou de chaussette
mon turc intérieur à chaque raccommodage
je défais une maille après l’autre
… rassemblé par les pêcheurs du Pont
je crains qu’on ne lise dans ma petite paume :
Il n’y a plus pour vous d’Istanbul, ni de Constantinople,
pas même d’amis Turcs qui aient une icône
de Byzance accrochée chez eux…

 

 

 

  À propos de ce livre, Marta Krol,
dans le n° 102 du Matricule des anges (avril 2009), a écrit :

« Une belle découverte pour le lecteur français que ce poète et essayiste chypriote-turc exilé dix ans durant en Angleterre en raison de ses prises de position politiques sur le conflit chypriote. […] [L'anthologie constitue] une sorte d'autoportrait, celui d'un homme qui se débat, en la transposant dans une forme artistique, avec le traumatisme originel de la destruction de son monde, et une forme d'aliénation qui s'en est suivie : "En définitive, trois langues se sont mêlées dans mes poèmes / ni les Turcs n'ont pu ressentir ce que j'éprouvais / ni les Grecs, ni d'ailleurs les autres / mais je ne les blâme pas, c'était un temps de guerre." […]
Une écriture à la respiration large et profonde, qui charrie images et émotions – tristes peut-être, mais que le lecteur reçoit comme siennes, comme pleinement valables et sincères. »

 

Le Magazine littéraire a consacré,
dans son numéro de juin 2010, un important dossier à la Méditerranée.

Alexis Brocas s’est à cette occasion entretenu avec Mehmet Yashin, qu’il présente ainsi : « Aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux auteurs turcophones, ce poète et romancier chypriote a perdu plusieurs membres de sa famille dans les troubles ayant précédé la partition de l’île. Aux guerres et aux divisions politiques, sa poésie oppose l’attention à l’individu, et baigne dans la lumière méditerranéenne ses thèmes parfois amoureux, souvent douloureux. »
Un extrait de cet entretien a paru dans le magazine papier ; il est disponible dans son intégralité sur le site du Magazine littéraire.