Le voyage en Afrique du Nord  
    Christine Peltre  
    Collection "d'un regard l'autre"  
    Préface de Leïla Sebbar  
    22 x 22 cm  
    232 pages  
     
    EAN : 9782358480918  
    prix indicatif : 28.00 €  
    Ouvrage publié avec le concours du Conseil régional Auvergne – Rhône-Alpes et celui du Centre National du Livre  
    Mai 2018  
 
       
Résumé  

 

La page 4 de couverture est ici .

Images et mirages d'un tourisme (1880-1931)
Collection Pierre de Gigord

« Il n’est de départ que vers le soleil », écrit Colette, tandis qu’un Guide de l’Algérie invite à « la course au soleil »… 
Pour appréhender le voyage en Algérie, Tunisie, Maroc de 1880 à 1931, Christine Peltre fait œuvre pionnière : mettant en regard les représentations souvent méconnues colportées par les guides et la réclame avec celles créées par Gautier, Gide et autres écrivains voyageurs célèbres ou oubliés, elle révèle un tourisme où les imageries le disputent aux mirages.
C’est en creux, pour recomposer des mythes, qu’affleurent les réalités coloniales. À travers les « lunettes bleues » dont il est invité à se munir, le voyageur en partance ne se voit proposer que visions orientalistes et « Villes d’or », puis les charmes du désert, parfois les arts de l’Islam, jamais « d’aller boire de l’anisette sous les voûtes du port » comme dira Camus…
 


Les premières recensions
« Quand les “indigènes” d’Afrique du Nord étaient pittoresques »

par Philippe Dagen, 
Le Monde (6-7 mai 2018)

L’historienne Christine Peltre a composé une anthologie richement illustrée de l’essor du tourisme pendant la période coloniale.

D’une part, les archives rassemblées par le collectionneur Pierre de Gigord : photographies, cartes postales, affiches, prospectus et dépliants, qui datent de la période coloniale en Afrique du Nord, de la conquête de l’Algérie (1830) à son indépendance (1962), en passant par les protectorats en Tunisie et au Maroc. D’autre part, une anthologie d’articles, romans, livres d’histoire et de géographie, mémoires et guides contemporains de ces images. Entre eux, l’art du montage de l’historienne Christine Peltre, spécialiste de l’orientalisme, qui fait apparaître une unité de ton : celle de la présence coloniale française, sereine, sûre d’elle, de son bon droit et de ses bienfaits. Les « indigènes » sont pittoresques et conformes aux stéréotypes. Deux fonctions principales pour les hommes : chameliers ou cavaliers de fantasia. Et deux pour les femmes : passantes voilées ou prostituées des « quartiers réservés ». Autre intérêt du livre, il montre comment s’organise le tourisme, avec ses thèmes préférés : le soleil, le Sahara et ses oasis, les vestiges de l’Afrique romaine, l’architecture musulmane à Kairouan et Tlemcen. Quelques phrases d’observateurs lucides – André Gide et Louis Bertrand – viennent, en contrepoint de la rhétorique officielle, suggérer que quelques-uns se sont assez vite doutés que l’histoire ne pouvait que mal finir.

« Christine Peltre et ses Orientalistes »
par Serge Hartmann, 
Les Dernières Nouvelles d’Alsace (21 avril 2018)

Le corpus utilisé ici n’est pas celui des peintures des grands maîtres orientalistes mais les affiches, brochures, cartes postales, guides touristiques et autres documents réunis par le collectionneur Pierre de Gigord. De ce magma iconographique hétéroclite, reliant la fin du XIXesiècle à l’entre-deux-guerres (« la date symbolique de la grande exposition coloniale de 1931 »), Christine Peltre fait une lecture qui décrypte le regard avide d’exotisme alors porté sur l’Afrique du Nord. Le temps et l’espace s’y concentrent dans une logique touristique – « Le tour du Maroc, 20 siècles en 20 jours », proclame ainsi une affiche colorée. Mais si le propos conjugue les points de vue de l’histoire de l’art et des représentations de l’Afrique du Nord par la puissance coloniale, il s’accompagne aussi de tout un ensemble de textes issus de la littérature de voyage que Christine Peltre met en relation avec les différents chapitres qui structurent l’ouvrage. On y croise André Gide, Paul Morand, Georges Rozet, Camille Mauclair, Georges Duhamel ou encore Louis Bertrand, apôtre des « Villes d’or », les sites antiques d’une Méditerranée latine qu’il oppose aux « Villes blanches », les cités musulmanes décrites comme refermées sur elles-mêmes, voire hostiles à l’étranger – une approche antiquisante de l’Afrique du Nord qui suscita l’ironie d’un Lyautey, incarnation certes du colonialisme français mais ardent défenseur du patrimoine indigène. (Extraits)

« Ce curieux théâtre du tourisme »
La Montagne
 (5 mai 2018)

Des images (affiches, cartes postales, revues, brochures publicitaires, photos, peintures) de la collection Pierre de Gigord, l’historienne Christine Peltre fait son miel pour guider le lecteur dans ce Voyage en Afrique du Nord qu’elle illustre aussi de savoureux récits littéraires. Un récit textuel et visuel, une analyse fine de ce “curieux théâtre du tourisme” en Algérie, Tunisie et Maroc [qui] débute en 1880 avec la construction des grands hôtels et la facilité des circulations. C’est alors que s’organise en France les saisons d’hiver pour une clientèle aisée. (Extraits)