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Sait Faik Abasıyanık. Derrière ce nom, encore inconnu en France, et cette vie brève, à la charnière de l’Empire ottoman et de la jeune République turque, se cache un rôdeur affamé d’humanité dans les bas quartiers cosmopolites d’Istanbul. « Écrivain des troisièmes classes », Sait Faik est sans doute, avec son art abrupt de la nouvelle, le plus grand auteur de la modernité turque. Un art qui obéit à une urgence vitale : dans l’attente d’un bateau, entre terre et mer, libre, il a des fulgurances pour atteindre chez l’être humain la peur de l’amour et de la mort, la solitude, le passager… Témoin cet Homme inutile.
« Non, non, il n’était digne d’aucun travail ! Les gens avaient raison… Il était né pour regarder le monde avec stupéfaction, pour s’étonner de ne rien comprendre, il était né pour flâner sur les routes la tête en avant, pour voir ou ne pas voir ce que les gens faisaient. Pour regarder la couleur de l’eau sous un pont, contempler les jambes d’une fille. Celle-là, qui peut l’embrasser ? Comment caresser ses cheveux ? »
L'avis de François, librairie Lucioles (Vienne) :
« Si le titre de ce livre éveille en vous
tristesse et beauté, sachez qu’un écrivain considéré comme le plus
grand nouvelliste de Turquie est là, et qu’il s’apprête à vous parler
comme à un ami.Observateur du petit peuple stambouliote, le narrateur
de ces histoires d’une simplicité désarmante se fait porte-parole de
tous ceux qui vivent sans jamais se départir d’un sentiment d’imposture
et d’inutilité tragiques. Question récurrente : Qui sont tous ces gens
qui semblent avoir trouvé leur place dans la société quand moi je suis
incapable de tout travail ? Abasıyanık semble être devenu romancier
pour essayer de comprendre ce qui peut bien pousser tout un chacun à
vivre comme si cela était une chose naturelle et qui n’échapperait qu’a
lui. Souvent la chute de ses nouvelles réside dans la révélation d’une
identité autre que celle imaginée par l’auteur et dans la déception qui
l’accompagne. Mais n’est-ce pas cela la vie ? Une série de petites
déceptions et puis, la grande. Pour cette lucidité teintée de poésie,
Abasiyanik nous est cher. »
• Un homme inutile, le
premier recueil de nouvelles de Sait Faik Abasiyanik (1906-1954) publié
chez Bleu autour, a fait l'objet d'une importante recension
dans La Quinzaine littéraire (juillet 2007). Pour Jean-Paul
Champseix, « Abasiyanik est un auteur à découvrir dans cette
littérature turque qui commence à prendre la place qu'elle mérite ». Un
second recueil du même auteur a paru en octobre 2007 : Un serpent à Alemdag (traduit du turc par Rosie Pinhas-Delpuech et préfacé par Nedim Gürsel).
• « Baudelairien “homme des foules”, Sait Faik dissimule sans doute, au
cœur des phrases, une douleur sourde (“La solitude a envahi le monde”),
mais aussi une rage de vivre et d’aimer : en lui, jusqu’à la fin, “la
clarté scintille”. »
Thierry Cécille, Le Matricule des anges (janvier 2008)
• « Chroniqueur d’une métropole décatie avec ses monuments et palais
délabrés témoignant d’une splendeur perdue, Sait Faik rôde dans les
faubourgs de l’humanité. »
Marc Semo, Libération (27 décembre 2007)
•
« On lit pour la première fois Sait Faik Abasiyanik, cet auteur turc inconnu,
avec le sentiment de découvrir un auteur majeur. »
« Balades nocturnes », Daniel Martin, Centre France, 16 décembre 2007
Pour en savoir plus :
- Biographie de l'auteur.
- « Sait Faik, un écrivain des troisièmes classes » , par Alain Mascarou.
- Sur le site des éditions Yapi Kredi (Istanbul), la page consacrée à l'auteur.
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