À
l’origine, Patrice Rötig,
né
en 1953 à Paris, dont les premiers souvenirs sont à Istanbul,
où il a vécu de 1956 à 1960. Études d’histoire
et de journalisme. Installation dans l’Allier en 1977 où
il lance différentes publications et une société
de presse. Pourquoi l’Allier ? Le souvenir d’une campagne
âpre et douce, entrevue à l’adolescence. La volonté,
aussi, d’appréhender la France non pas de Paris mais de ses
marges qui, en positif ou en négatif, la lui révéleraient
mieux. Le désir, enfin, de devenir de quelque part. Illusion :
on n’est vraiment que de son enfance. Qui l’a rattrapé.
Rompant avec le journalisme, il entreprend fin 1997 de publier des livres
qui décriraient des géographies intimes et se tourne «
naturellement » vers des exilés d’ici mais aussi, et
entre autres, d’Algérie, qui est tellement liée à
la France, et de Turquie. C’est ainsi qu’ont démarré
les Éditions Bleu autour. Mais quel bleu ? Et autour de quel dedans
? Lire les livres…
Puis
des rencontres avec les auteurs qui
partagent et écrivent cette aventure éditoriale, qui s’y
impliquent et qui l’élargissent. Tous ou presque, après
avoir publié un premier titre, en ont signé un ou deux autres
chez Bleu autour et/ou ont collaboré à la revue jim
: de Luc Baptiste et Jean-Michel Belorgey, auteurs fin 1997 des deux titres
initiaux de la première collection (“d’un lieu
l’autre”), à Jean-Marie Borzeix, Clémence
Boulouque, Jean-Luc Coudray, Florence Hinneburg, Jean Lebrun et Michel
C. Thomas, en passant par François Colcombet, François Graveline,
Rosie Pinhas-Delpuech et Leïla Sebbar, qui vient de publier le dernier
titre de la collection “d’un lieu l’autre”,
Les femmes au bain.
Une
équipe soudée autour
de Patrice Rötig, formée de Emmanuelle Boucaud (administration),
Nadine Kairet (mise en page), Jean-Marc Pennetier (édition, relations
presse, événements), Pierre Thomas (édition des livres
d’images, graphisme, diffusion) et Simon Rötig (édition,
diffusion, distribution). Une équipe qui, en dehors de l’impression
et du brochage des ouvrages, remplit directement toutes les fonctions
d’une maison d’édition, du choix et de la mise en page
des livres, à leur colportage dans les librairies de France et
de Belgique.
Alliance
avec Tinta blava (encre bleue),
maison d’édition qui, fondée en 2004 par Llibert Tarrago,
publie des romans traduits du catalan et diffusés depuis l’origine
par Bleu autour. Une alliance qui allait de soi entre ces deux maisons
qui ont du bleu dans le titre et qui, à partir du Massif central,
éditent des livres ouverts sur le monde qui arborent des couvertures
rouges (n’étaient les romans noirs, de couverture jaune,
de Tinta blava). Au point que Tinta blava, à compter de 2007, deviendra,
tout en conservant son identité, une collection de Bleu autour
dirigée par Llibert Tarrago.
Quelques jalons
Automne
1997
Parution des deux premiers titres de la collection
“d’un lieu l’autre” : Le Village et enfin,
de Luc Baptiste, et Vichy-Tombouctou dans la tête, de Jean-Michel
Belorgey. Une collection qui s’est étoffée de deux
ou trois titres par an les années suivantes, tels Retours –
Journal de Budapest, de Susan Rubin Suleiman (traduit de l’américain
par Irène Lurçat), Suite byzantine, de Rosie Pinhas-Delpuech,
ou Au pays des poissons captifs, de Nedim Gürsel (traduit
du turc par Esther Heboyan).
Automne
1999
Publication de deux albums historiques : Sentinelles
de pierre – Les monuments aux morts de la guerre de 1914-1918 dans
la Nièvre, de Hervé Moisan (préface de Antoine
Prost, ouvrage épuisé) et Aux sources de Vichy –
Naissance et développement d’un bassin thermal (XIXe-XXe
siècles), de Pascal Chambriard.
Printemps
2002
- Parution des deux premiers titres de la collection
de livres mariant textes et images, “d’un regard l’autre”
: Femmes d’Afrique du Nord - Cartes postales (1885-1930),
avec des textes de Leïla Sebbar et Jean-Michel Belorgey, et Chibanis,
de Philippe Bohelay (texte) et Olivier Daubard (photographies). Suivront,
entre autres, Mes Algéries en France, de Leïla Sebbar
(Carnet de voyages en 2004 et Journal en 2005).
- Lancement de la revue jim… comme Journal intime du Massif
central : le “du” Massif central indique non l’objet
mais l’origine de cette revue à dominante littéraire
qui voyage loin, prend volontiers des chemins de traverse, marie les écritures
(textes et images), « invite à des ballades sensibles et
intelligentes » (Le Matricule des anges). À l’origine
trimestrielle et de format magazine (24 cm x 30 cm), la revue, à
compter du n° 5, est devenue semestrielle. Chaque numéro tourne
autour d’un seul thème (un mot) : train (n° 5), Vichy
(n° 6), café (n° 7), l’étranger (n° 8),
folie (n° 9) et, à paraître à l’automne
2006, maison (n° 10). Autant de livres à plusieurs voix (et
de même format 17 cm x 22 cm que les livres de la collection “d’un
regard l’autre”, et même diffusion en librairie).
2004
Ouverture de la collaboration entre Tinta blava,
maison alors naissante, qui publie en français deux premiers romans
issus de Catalogne (dont le très beau Pierre d’éboulis,
de Maria Barbal), et Bleu autour, qui diffuse et distribue ceux-ci, en
même temps que, depuis ses débuts, sa propre production.
2005
Publication de huit ouvrages, dont une majorité
mariant textes et images : non seulement des numéros de la revue
jim mais aussi Juives d’Afrique du Nord – Cartes postales
(1885-1930), avec des textes de Clémence Boulouque et Nicole
S. Serfaty, La Chambre aux pommes, de Florence Hinneburg, et
Ottomanes – Autochromes de Jules Gervais-Courtellemont,
avec des textes de Enis Batur, Timour Muhidine et Emmanuelle Devos.
Et parution chez Tinta blava de cinq romans, dont Rue des Camélias,
de Mercè Rodoreda, et Petit à petit l’oiseau fait
son nid (roman noir), de Jaume Fuster.
Mars
2006
Présentation au Salon du livre de Paris
des six premiers titres de “la petite collection de Bleu autour”,
ouvrages de format relativement menu (13 cm x 17 cm), de présentation
très soignée (couverture avec rabats) et de prix raisonnables.
De quoi permettre au lecteur d’oser des découvertes ou des
redécouvertes, quand y sont réédités des ouvrages
déjà parus dans les autres collections de Bleu autour mais
épuisés (comme La Discorde, de Michel C. Thomas,
ou Chibanis, de Philippe Bohelay et Olivier Daubard). Aucun genre
n’est exclu : essais (Les Carnets d’un francophone,
de Jean-Marie Borzeix), romans, (Les deux îles de Robinson,
de Jean-Luc Coudray), récits avec ou sans images (Je pense
à vous, de Michel C. Thomas, réédition de textes
anciens, préfacés ou présentés par des auteurs
contemporains (Bug-Jargal, de Victor Hugo, présenté
par François Graveline). Les ouvrages de cette collection sont
présentés sur un présentoir métallique adapté
chez les libraires qui le souhaitent.
Septembre
2006
- Adoption d’un format plus resserré
(14 cm x 22 cm et non plus 17 cm x 22 cm) et d’une présentation
modernisée pour les deux nouveaux ouvrages de la collection littéraire
“d’un lieu l’autre”, Les femmes au bain,
de Leïla Sebbar, et Suprêmes visions d’Orient,
de Pierre Loti.
- Parution de quatre nouveaux titres dans “la petite collection
de Bleu autour” : un essai, Journaliste en campagne, de
Jean Lebrun ; Ourika, de Madame de Duras (présentation
de Christiane Chaulet Achour) ; Femme, de Pierre Larousse (François
Graveline préface cet ouvrage, qui abrite l’intégralité
de « l’entrée » FEMME du Grand Dictionnaire
universel du XIXe siècle) ; et Femmes d’Afrique
du Nord - Cartes postales (1885-1930), avec des textes de la romancière
Leïla Sebbar, de l’historienne Christelle Taraud et du collectionneur
Jean-Michel Belorgey (réédition revue et augmentée
d’un titre paru en 2002 dans la collection “d’un regard
l’autre” et épuisé).
- Co-édition de deux ouvrages, l’un avec le Centre archéologique
de Bibracte, La Cuisine gauloise continue (Anne Flouest et Jean-Paul
Romac), l’autre avec l’association Elele (Paris), Des
Turcs en France - Albums de familles.
- Parution, dans la collection “d’un regard l’autre”,
de Villas de la Belle Époque - L’exemple de Vichy,
de Fabienne Pouradier-Duteil.
- Diffusion d’un ouvrage des Éditions Soleb, Les États-Unis
et la guerre d’Algérie, de Irwin M. Wall.
2007
En mars, à Saint-Pourçain-sur-Sioule,
où elles sont basées, puis au Salon du livre de Paris, les
Éditions Bleu autour fêteront leur dixième anniversaire
par diverses manifestations et par la publication de cinq titres dans
la collection “d’un lieu l’autre” : les derniers
textes littéraires de Rosie Pinhas-Delpuech et de François
Graveline ; les deux premiers recueils de nouvelles de Sait Faik, l’un
des fondateurs, méconnu en France, de la littérature moderne
turque (traduction de Alain Mascarou et de Rosie Pinhas-Delpuech) ; et
Le Fou, de Raffi, l’un des auteurs majeurs de la littérature
arménienne de la fin du XIXe siècle. La “petite collection
de Bleu autour” s’enrichira également de nouveaux titres.
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