Pierre d’Almeida est né à Boën-sur-Lignon, dans le pays d’Astrée, et a fait ses études secondaires à l’institution Victor-de-Laprade de Montbrison – non loin de la place où Vialatte avait assisté, quarante ans plus tôt, à une double exécution capitale. Après une khâgne au lycée du Parc de Lyon, où il a eu pour maître Victor-Henry Debidour, il est entré en 1972 à l’ENS de la rue d’Ulm ; pendant plus de vingt ans, il a été professeur de Khâgne au lycée Descartes de Tours, où il réside. Après avoir, sous la direction de Jean-Pierre Richard, soutenu une thèse sur « l’image de la littérature dans l’œuvre de Jean Giraudoux », il est devenu spécialiste de celui-ci ; ainsi a-t-il récemment contribué à l’édition critique de ses Essais, articles, récits et témoignages (Garnier, deux volumes). Il a déjà publié de nombreux articles sur l’œuvre de Vialatte ainsi que sur celles de Pierre Benoit, de Pierre Bergounioux ou encore de Marie-Hélène Lafon.
En ouverture de Battling le ténébreux, la lettre dédicace adressée à Paul Pourrat, décédé en 1923, projette son ombre mélancolique sur l’ensemble du récit. Dans une belle suite d’anaphores, elle ramène à la mémoire les images de leur jeunesse commune : « Souviens-toi du vieux collège, du genévrier […] Souviens-toi des jeudis
obscurs […] Souviens-toi du prunier de Jean le Lièvre […] Souviens-toi de Chicago sur la tente […]. » Cette dédicace signale ainsi avec pudeur le matériau autobiographique sous-jacent.
_Et c’est ainsi qu’Alexandre Vialatte est grand
