Que de fois j’ai cru voir mon père au galop loin de la butte où je m’étais accroupi pour masser mes pieds. Penché vers la terre je me disais : « Je vais lever la tête et je ne le croirai pas, ce sera mon père. Debout sur les étriers, il fera tourner le vieux sabre hérité d’un ancêtre au-dessus de la tête de l’alezan, il criera mon nom, je penserai : “Je me trompe, ce cavalier n’est pas mon père.” Et mon père descend de cheval, il me regarde, mes pieds saignent, il se penche vers moi : “Ce n’est rien. Moi aussi j’ai couru dans ces pierres et mes pieds ont saigné. Ce n’est rien, mon petit.” Il touche mes cheveux, je ne me lève pas, j’ai mal. Mon père saute sur son cheval, il tourne le dos au village. Je le suis longtemps des yeux. » Je suis allé presque chaque jour là où je croyais voir mon père, il allait se lancer vers moi, j’aurais couru vers lui, il m’aurait pris dans ses bras. Mon père ne m’a jamais serré dans ses bras.
Thématique : Afrique du Nord
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