D'un édito l'autre

Un édito ne chasse pas tout à fait le précédent, qui prend place dans ce rayonnage, suivi de son numéro. Ils formeront la petite chronique de Bleu autour : notes en passant, annonces d’un nouveau livre, d’un événement…

Édito #13

Un été Leïla Sebbar
Son nouveau livre, qui fera date, arrive en librairie le 17 juin. Titre : Lettre à mon père. C’est le 3e volet de sa trilogie autobiographique après Je ne parle pas la langue de mon père et L’arabe comme un chant secret, deux textes réunis – avec un solide appareil critique et iconographique – dans un recueil qui était épuisé et que nous venons simultanément de rééditer. Puis paraîtra mi-septembre Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt : des nouvelles illustrées d’aquarelles de Sébastien Pignon et commentées par Manon Paillot. Il sera présenté en avant-première lors du colloque que le Centre culturel de Cerisy-la-Salle (Manche) consacrera à Leïla Sebbar du 2 au 8 août, naturellement en sa présence.

“Essais & Cie ” : une collection bien partie
Déjà trois titres parus ce printemps : un essai d’économie politique des universitaires Pierre-Yves Hénin et Ahmet Insel, Le national-capitalisme autoritaire : une menace pour la démocratie ; un livre de micro-histoire de Jean Lebrun, Ici Saint-Pierre-et-Miquelon ; une réflexion autocritique d’Éloi Valat sur sa pratique du dessin appliqué à l’histoire, Dessiner la Commune. Et déjà d’élogieux échos dans les médias. D’autres vont suivre, en particulier sur France Inter dans « Le Masque et la plume » (20 juin) et dans « Par Jupiter » (1er juillet). Un quatrième titre paraîtra mi-septembre, L’anarchie au prétoire – Vienne, 1er mai 1890 – Une insurrection et ses juges : une étude comparée de saisissants discours, par la chercheuse Claude Rétat, déjà auteure à nos éditions d’ouvrages sur l’œuvre littéraire de Louise Michel.

Un site web en voie de métamorphose
Notre site, refondu il y a deux ans, continue d’évoluer. Son esthétique a été retravaillée, son architecture aussi. Et il devient marchand à compter de ce jour : vos commandes seront expédiées sous 24 heures (au plus sous 48 heures pour celles que nous recevrons le samedi) et le port vous est offert dès qu’elles portent sur plus de 30€. Après l’été, il accueillera des blogs de certains de nos auteurs. Peu à peu, il deviendra un média à part entière, littéraire mais pas seulement : ouvert à tous les champs du savoir, il proposera, comme notre nouvelle collection “Essais & Cie”, des questionnements plus que des réponses, des pensées ouvertes, des controverses.

Bonnes lectures, et à tout bientôt à propos d’autres livres qui vous entraîneront en Égypte et au Soudan.

Pour Bleu autour, Patrice Rötig

Édito #12

(Éloi Valat)
Dessinateur de la Commune

Ceux qui s’intéressent à la Commune de Paris connaissent les « dessins saisissants » (Kathleen Evin, France Inter) d’Éloi Valat.
Il lui a consacré quatre albums, dont le dernier, « sublime » (Vintgtras, Mediapart), a pour titre Louises, les femmes de la Commune (2019).
« On y sent une révolution en marche, une fébrilité, la dimension du combat » (Emmanuel Laurentin, France Culture).

À l’occasion des 150 ans de la Commune, Éloi Valat, qui participe à maints événements, publie un essai : Dessiner la Commune.
Images à l’appui, comme ses « masques mortuaires sur nos utopies vivantes », c’est une analyse intime, critique, autocritique de la fonction de l’image dans l’appréhension de l’Histoire. D’une plume élégante, Éloi Valat, qui n’est pas tendre avec lui-même, s’y montre parfois iconoclaste.
« Qu’ai-je dessiné de la Commune ? », se demande-t-il in fine. « La folie de toujours privilégier l’option libertaire sur les tentations autoritaires, fussent-elle dictées par les circonstances. »

Autres albums d’Éloi Valat aux éditions Bleu autour : Le Journal de la Commune, La Semaine sanglante et L’enterrement de Jules Vallès.

Lire aussi son édition illustrée de l’incandescent roman Sébastien Roch d’Octave Mirbeau (2017) – « ou comment Mirbeau a été violé dans un collège jésuite à Vannes, dans le Morbihan » (Jean Lebrun, France Inter).

Édito #11

UN NOUVEAU LIVRE D’ENIS BATUR
Incipit de Simple silence, roman ou récit de l’écrivain turc Enis Batur, en tout cas ludique histoire à tiroirs : « Si par un matin d’hiver un voyageur monté au bref arrêt du train […] vient s’asseoir sur le siège inoccupé en face de toi puis sort de sa sacoche un livre que tu as écrit bien des années auparavant, ne sois pas surpris : cette scène, un auteur l’avait déjà imaginée pour toi. »
Après Italo Calvino et Umberto Eco qui ont publié en 1979 Si par un soir d’hiver un voyageur et Lector in fabula, Enis Batur livre ses mille et une variations d’une histoire indémêlable : celles des relations de l’auteur à ses œuvres, à leurs traductions, à ses lecteurs. Un joyeux dédale, du même type que D’une bibliothèque l’autre, « merveilleux petit livre » selon son préfacier Alberto Manguel. Simple silence vient d’arriver en librairie, avec la deuxième édition de D’une bibliothèque l’autre (2008), qui était épuisé.
 
LUC BAPTISTE
Simple silence est aussi le fruit de la rencontre d’Enis Batur et de l’écrivain Luc Baptiste, également photographe : en parallèle des pérégrinations du premier, il a composé une rêverie en images. De lui, pour rappel, lire La vie belle (récit, coll. “Céladon”, 2019) et voir Autre part (photographies, coll. “D’un regard l’autre”, 2019) : « Des images dépeuplées, avec un obsédant parti pris des choses […], des textes brefs, râpeux, ronceux » (Jérôme Garcin, L’Obs).

Édito #10

Antidote à la morosité, par ces drôles de temps : le roman, drôle, lui, de René Fallet (en photo, signée Doisneau, ci-dessous), dont nous venons de faire paraître une édition commentée et illustrée, Le Braconnier de Dieu, une farce épique, une fable joyeuse, un trésor de littérature populaire. Le confinement l’est moins, drôle, en particulier pour nos éditions qui viennent aussi, dans la même collection “Classiques”, de publier deux autres ouvrages ambitieux menacés de passer inaperçus.

D’une part, le plus moderne et le plus surprenant des romans de Pierre Loti, Mon frère Yves, dans une forme luxueuse (rabats, couture, bichromie) et avec le fac-similé d’une édition rare illustrée par Renefer (1927). D’autre part, un ouvrage de micro-histoire préfacé par Alain Corbin, Le monde de l’Angle (du nom d’une ferme-auberge du Mont-Dore), qui donne à entendre – c’est son sous-titre – des voix paysannes (1915-2020) recueillies par l’historienne Corinne Legoy et par Philippe Busser, réalisateur des deux remarquables “films sonores” de 50’ contenus dans une clé USB jointe au livre qu’ils prolongent (nous innovons !).

Des ouvrages à (vous) offrir en vous adressant à votre libraire, chez qui ils viennent d’arriver, ou, à défaut, à nos éditions, en vous invitant à visiter préalablement notre site où sont décrits tous nos livres.
Certains ont pu vous échapper, dont L’Algérie en héritage paru à l’aube du premier confinement. Dont aussi les titres de notre collection “Classiques” qui s’est beaucoup enrichie ces derniers temps, en particulier La Fabrique d’une province française – Le Bourbonnais, un essai d’Antoine Paillet (avril 2020), La Révolution en contant, Histoires contes et légendes de Louise Michel réunis et présentés par Claude Rétat (2019), ou encore Sébastien Roch, d’Octave Mirbeau (2017), dans une édition illustrée et mise en page par Éloi Valat, auteur également de Louises, les femmes de la Commune (album, 2019).
 
Pour toute commande de plus de 60€, un “beau livre” vous est offert : voir l’offre ci-jointe. Et les frais d’envoi sont gratuits quel que soit le montant de votre achat. N’hésitez pas à nous téléphoner (04 70 45 72 45) ou à nous écrire (dialogue@bleu-autour.com) : nous aurons plaisir à vous renseigner et à vous satisfaire.
 
Bonnes lectures, et bon courage : on va vers le déconfinement !
 
P.S. – Pour recevoir notre newsletter (périodicité au plus mensuelle), merci, en bas de cette page d’accueil, de renseigner l’encadré Lettre d’infos.

Édito #9

Frères
« Ce fut en allant voter Pompidou que Frère Grégoire rencontra le péché. » C’est l’attaque, bénie, du roman, drôle, de René Fallet, Le Braconnier de Dieu. Paru en 1973, le voici réédité dans notre collection “Classiques” (la couverture est ici) avec force images et commentaires, sérieux ou non. « Ce trappiste à bonne tête de Bourvil, a écrit Brassens, La Fontaine et Marcel Aymé l’auraient aimé comme un frère. »
Il sort en librairie le 30 octobre, en même temps que la réédition dans la même collection de Mon frère Yves (fac-similé d’une édition rare illustrée par Renefer, suivi d’un abondant appareil critique : la couverture est ici). Nous ne sommes plus dans le Bourbonnais avec ce récit qui, paru en 1883, annonce Pêcheur d’Islande (1886), l’autre roman breton de Pierre Loti. L’écrivain fait œuvre pionnière d’autofiction et apporte sa pierre à la mythologie de la mer et des ports dans cet ouvrage un peu fou et palpitant, sombre et gai, aux personnages puissants, sans doute le plus surprenant chez lui. « Les histoires de la vie, écrit-il à sa toute fin, devraient pouvoir être arrêtées à volonté comme celles des livres… »
 
Voix paysannes
Des histoires de la vie, nous en donnons à entendre dans le troisième livre que nous faisons paraître en octobre dans la collection “Classiques” (sortie en librairie le 22) :
Le monde de l’Angle. Voix paysannes (1915-2020). Préfacé par l’un des initiateurs de l’histoire “des sensibilités” ou de la “micro-histoire”, Alain Corbin, et dû à l’historienne Corinne Legoy, il comporte – innovation – deux “films sonores” dans une clé USB jointe. Signés du réalisateur Philippe Busser, ils sont succinctement décrits dans la couverture complète de l’ouvrage disponible ici. Dans l’un d’eux, les comédiens Monique Brun et Olivier Perrier lisent des extraits du “carnet” de Blaise, l’ancêtre de la ferme de l’Angle.
 
Rendez-vous à Blois et à Dompierre-sur-Besbre
• Le monde de l’Angle, Mon frère Yves et le magistral essai d’Antoine Paillet paru à l’aube du confinement, La fabrique d’une province française – Le Bourbonnais, seront à l’honneur aux prochains Rendez-vous de l’Histoire de Blois (9-11 octobre) : voir ici.
• Notre édition du Braconnier de Dieu de René Fallet sera, quant à elle, présentée en avant-première au cinéma… René-Fallet de Dompierre-sur-Besbre (Allier) le vendredi 16 octobre à 20h30. Suivra une projection du film de Jean-Pierre Darras (1983) adapté du roman et joué par une pléiade d’acteurs célèbres : Catherine Allégret, Annie Cordy, Michel Galabru, Jean Lefebvre et, dans le rôle du Frère Grégoire, Pierre Mondy.
Amen, et vive les livres, meilleurs antidotes à la morosité.

Édito #8

Joël Cornuault, auteur de Dromomanies (Bleu autour, coll. Céladon, 2018), librairie à Vichy (À la page), aime les oiseaux. Il s’en trouve naturellement – lire le court florilège qui suit – dans le n° 1 (février 2020) de sa revue semestrielle Des PAYS HABITABLES placée sous les auspices des mots Naïveté Utopie Exubérance. Une utopie, oui, sont les pays habitables. Tout comme cette revue où folâtrer, d’une rubrique l’autre (dont « Volières »), en compagnie de plumes d’hier et d’aujourd’hui, jusqu’aux réclames des feuilles de la fin. Entre autres trouvailles pour son envol, un texte méconnu, La Cité du Bon Accord, d’Élisée Reclus, cher à Joël Cornuault, auteur aussi de… Ce qui fait oiseau (Isolato, 2011).
• 80 pages, 13 x 20 cm, dos carré collé, papier forcément ivoire, heureux culs de lampes (des « vignettes poissonneuses » de Gabrielle Cornuault), et autres illustrations en noir et blanc dont (p. 50) un affriolant collage non signé (l’éditeur ?), « L’Ève cosmique », le tout pour la modique somme de 13€ (+ 2€ de participation aux frais de port). Abonnement à 4 numéros : 45€. Abonnement de soutien : 60€ ou plus.
Chèque à l’ordre de « Librairie La Brèche, éditions » à envoyer à :
Librairie La Brèche, éditions – 7, avenue Jean-Baptiste Bulot – 03200 Vichy
Contact : librairielabrechevichy@gmail.com
Lire la recension d’Éric Dussert dans Ent’Revues
 
« Il faut que nous parlions de nouveau des oiseaux. C’est au petit matin qu’ils entrent dans un ravissement tel que, par comparaison, leurs chants semblent froidement distants aux autres heures du jour. »
Margaret Fuller, dans une des lettres d’amour adressées en 1845 et 1846 à James Nathan, jeune banquier rencontré à New York en 1844
 
« ce vingt-trois novembre
quatorze heures trente
entre terre gelée et ciel bleu
un vol en V d’oies sauvages
qui
d’après la voisine du lieu-dit non loin
“rejoignent les Pyrénées” »
Julien Bosc (1964-2018), in Neige d’avril (onze poèmes), mai 2017
 
« Te faut-il du mystère ? ouïs croître ce champ de blé. Du divin ? tends les pièges de ton âme aux oiseaux étranges du silence et jette son filet sur les frissons qui parfois mettent la chair de poule aux formes tendres de la Nature. »
Saint-Pol-Roux, in Madame la vie (1899)
 
« En quittant l’île Del Diamante, où les Zambos, qui parlent espagnol, cultivent la canne à sucre, on entre dans une solitude immense. L’air était rempli de flamants (phoenicopterus) et d’autres oiseaux aquatiques qui, semblables à un nuage à contours changeants, se détachaient de la voûte azurée. »
Alexander von Humboldt, in Tableaux de la nature (1850-1851)
 
« Pas de conclusion possible quand on ne rapporte du voyage aucunes réponses mais de nouvelles questions : Y-a-il des toréros athées ? […] Quel est cet oiseau gris, gros comme un merle, à tête noire avec une partie doucement claire ? »
Anne-Marie Beeckman, in Le voyage de l’amibe ou De l’inutilité des voyages

Édito #7

# Les occasions de vous retrouver aux salons de Paris, Dax ou Bordeaux sont tombées à l’eau. Et les deux derniers livres que nous avons fait paraître se sont arrêtés au seuil des librairies, toutes fermées jusqu’à nouvel ordre.
# Outre La Fabrique d’une province française – Le Bourbonnais, essai présenté dans l’Édito #6, il s’agit de L’Algérie en héritage, ouvrage collectif dirigé par Martine Mathieu-Job et Leïla Sebbar. Issus de cultures musulmane, juive ou chrétienne, une quarantaine d’auteurs, nés pour la plupart en France après 1962, disent comment l’Algérie de leurs parents et grands-parents est inscrite en eux. Parmi eux, Fadéla Amara, Azouz Begag, Farid Boudjellal, Jacques Ferrandez, Samia Messaoudi, Arnaud Montebourg, Cédric Villani, Valérie Zenatti. Ce livre clôt la série d’ouvrages mémoriels du même type consacrés à l’histoire complexe liant la France et l’Algérie. Pour mémoire : Une enfance juive en Méditerranée musulmane, L’enfance des Français d’Algérie, Une enfance dans la guerre – Algérie 1954-1962 et À l’école en Algérie, des années 1930 à l’Indépendance.
# Mais via la Poste qui fonctionne quatre jours sur sept, nous pouvons vous expédier ces livres et tous ceux de notre fonds
– cf. notre site www.bleu-autour.com – que vous voudriez lire : voir notre proposition. Elle est avantageuse : frais à notre charge et un livre offert. Et elle est une occasion de nous parler ou d’échanger par courriel.
# À bientôt de vous présenter nos livres en préparation. Dévoilons le titre du tout prochain : Le monde de l’Angle (l’Angle est une ferme du Mont-Dore), de Corinne Legoy. Sous-titre : Quatre générations de témoignages paysans. Préface : Alain Corbin, initiateur de “l’histoire des sensibilités”. Innovation : deux films sonores réalisés par Philippe Busser (créateur de notre site web) accompagneront le livre (sous la forme d’une clé USB). Un monde, oui.

Édito #6

568 pages, format 17 x 22 cm, brochure avec couture, impression couleur, iconographie rare et abondante : La Fabrique d’une province française – Le Bourbonnais est un monument vernaculaire, une somme étonnante, le livre d’une vie, celle assez courte (un peu plus d’un demi-siècle) d’Antoine Paillet, docteur en histoire, amoureux fou de cette région, pour lui d’adoption. Publié avec le soutien du CNL et de la Région, il prend place dans notre collection Classiques qu’avait inaugurée la réédition commentée de Visites aux paysans du Centre, de Daniel Halévy. Mis en vente dans les librairies de France et du Bourbonnais le 2 avril, il sera présenté ce mardi 3 mars en avant-première par l’auteur (l’invitation est ici) au beau milieu du Bourbonnais, à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans le cloître de l’abbaye des Bénédictins.

Dans la même collection Classiques a paru l’an passé La Révolution en contant, recueil des histoires, contes et légendes de Louise Michel que la chercheuse Claude Rétat (CNRS) a réunis pour la première fois. En même temps, elle publiait Art vaincra !, un essai qui révèle une Louise Michel artiste et écrivaine pour qui l’art est vital et viral, pour qui le Beau est l’objet révolutionnaire ultime… Preuve en sera donnée ce samedi 29 février dans les caves Bertine de Moulins, autre lieu historique du Bourbonnais, qui accueilleront un parcours-lecture de Claude Rétat : « Sous les pavés, Louise Michel… » L’invitation est ici.

À l’approche du printemps, Bleu autour publiera de nouveaux livres et s’égaiera à Paris, Dax, Bordeaux… Nous vous dirons tout très vite. En attendant, pour qui voudrait mieux nous connaître, lire ici un reportage d’Ève Charrin paru il y a peu dans Marianne.

Édito #5

Qui connaît Luc Baptiste ? Il a signé, en 1997, l’un des deux premiers livres de notre maison, Le village et enfin. Entre réalité et fiction, ce récit de voyage dans son hameau natal, en lisière de Lapalisse, bourgade de l’Allier, était également son premier livre, et il a été repéré. Ainsi, le poète Jean-Pierre Siméon a salué son écriture « nette, tendue, [qui] récuse sans mollir tout pathétique ». Et Marie-Hélène Lafon, en fraternité avec l’auteur, « un voleur de feu », a préfacé sa seconde édition.

Peu après, Luc Baptiste a publié un saisissant récit de voyages (texte et photographies), Sur la route du Karakoram, et un âpre recueil de nouvelles, La Position de Juste, qui n’ont pas trouvé l’audience qu’ils méritaient. Puis l’instituteur qu’il était, absorbé par une thèse sur l’apprentissage de l’écriture à l’école et devenu enseignant à l’université, s’est tu. Jusqu’à cet automne 2019 où il revient avec deux nouveaux livres, l’un de photographies, Autre part, l’autre de récits, La vie belle. Mais qui connaît Luc Baptiste ? Comme des bouteilles à la mer, ils ont été adressés à des journalistes, et voici que Jérôme Garcin, dans l’Obs de cette semaine, consacre, le premier, un bel article aux « instantanés de Baptiste, voyageur mélancolique, fuyard désenchanté » :

« Il parcourt des lieux silencieux qu’il photographie pour signifier son passage et en garder le souvenir, convaincu qu’il n’y reviendra jamais, et que c’est très bien comme ça. Ces instantanés, au sens propre, il les rassemble et les donne à voir dans Autre part ; mais il les donne aussi à lire, en parallèle, dans La vie belle, où il poursuit, dans des textes brefs, râpeux et ronceux, de la ville polaire de Tromsø au désert de Gobi, du pic Bogda chinois à la plage balinaise de Padangbai, sa rêveuse circumnavigation. Si elle semble l’éloigner de son pays d’origine, l’Allier, c’est une manière pour lui de mieux y revenir. Il dit qu’il lui a fallu beaucoup voyager et beaucoup lire, lui, le descendant de gens de peu, de “maîtres de rien”, pour retrouver le goût des paysages rustiques de son enfance, encombrés de maisons abandonnées et d’entrepôts en ruine. (…) Aux qualités de l’écrivain-photographe, il faut en effet ajouter les vertus du géographe de la mémoire », conclut Jérôme Garcin, que nous remercions de faire connaître Luc Baptiste.

Édito #4

De Patrice Rötig


Mercredi 6 novembre, 18h30, à la librairie Compagnie, rue des Écoles à Paris, Martine Mathieu-Job, qui a dirigé son édition, présentera la correspondance inédite d’Albert Camus avec ses amis Bénisti. Avec la participation de Daniel Mesguich qui lira des extraits du livre, auquel Jean-Pierre Castellani a consacré une belle recension sur Diacritik.


Le long week-end suivant, du vendredi 8 (14h) au lundi 11 novembre (19h), à l’Espace des Blancs Manteaux, dans le Marais (75004, métro Hôtel de Ville), stand de Bleu autour au Salon de l’Autre Livre.


L’occasion de découvrir nos nouveautés, dont les deux derniers livres de Luc Baptiste, l’un de textes photographiques, La vie belle (coll. “Céladon”), l’autre de photographies littéraires, Autre part (coll. “D’un regard l’autre”), avec une belle préface de Christian Giudicelli. Voir le dossier de presse.


L’essai Art vaincra ! de Claude Rétat (sous-titre : Louise Michel, l’artiste en révolution et le dégoût du politique), qui était apparu dans la deuxième sélection du Prix Renaudot essai 2019, ne figure plus dans la lutte finale. Ce petit tour de piste l’a mieux fait connaître, et c’était bien, comme chantait Bourvil. À lire, en même temps que La Révolution en contant, histoires, contes et légendes de Louise Michel réunis et présentés par Claude Rétat.


Rappel : si vous souhaitez recevoir notre lettre d’infos (périodicité mensuelle), merci de renseigner le cadre « Lettre d’infos » ci-dessous.


Belle fin d’automne.

Édito #3

De Patrice Rötig

 

Art vaincra ! Louise Michel, l’artiste en révolution et le dégoût du politique, de Claude Rétat, figure dans la deuxième sélection du Renaudot essai 2019 dévoilée le 8 octobre. C’est le seul nouveau titre par rapport à la première sélection, tant dans la catégorie des essais que dans celle des romans. Il a paru au printemps en même temps qu’un autre ouvrage qui lui fait écho : La Révolution en contant – Histoires, contes et légendes de Louise Michel réunis et présentés par la même Claude Rétat. Laquelle donne une conférence le samedi 12 octobre aux Rendez-vous de l’histoire à Blois : « Louise Michel : autoportrait de l’artiste en jésuite ».

Le même jour (en soirée) et dans le même cadre des Rendez-vous de l’histoire, Alain Quella-Villéger intervient non loin de Blois – au château du Guérinet qui fut propriété de l’éditeur historique de Loti, Calmann-Lévy – sur le thème : « Lire Loti aujourd’hui ». Il évoquera notamment le livre qu’il a cosigné avec Bruno Vercier, Pierre Loti dessinateur. Un beau livre qui était épuisé et dont la 3e édition réactualisée sort en librairie en novembre (de premiers exemplaires seront disponibles au château du Guérinet). Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier ont été les deux premiers invités (les 7 et 8 octobre) des quatre émissions « La compagnie des auteurs » consacrées par Matthieu Garrigou-Lagrange à Pierre Loti sur France Culture (podcasts disponibles sur le site de la station).

Deux autres rendez-vous, à Paris ceux-ci : le lundi 14 octobre autour de Leïla Sebbar nouvelliste à l’IMEC (dans le 8e) et le mercredi 6 novembre autour de la correspondance inédite d’Albert Camus avec ses amis Bénisti à la librairie Compagnie, avec la participation de Daniel Mesguich qui lira des extraits du livre.

P.S.– Important : si vous souhaitez recevoir notre lettre d’infos (périodicité mensuelle), merci de renseigner le cadre « Lettre d’infos » ci-dessous.

Édito #2

De Patrice Rötig

 

Le 17 octobre arrive en librairie Albert Camus – Correspondance avec ses amis Bénisti (1934-1958). Inédite, cette correspondance est exceptionnelle par la précocité et la longévité des amitiés qui la fondent. Aux lettres de Camus répondent notamment des reproductions d’œuvres du sculpteur et peintre Louis Bénisti. Ce livre soigné affine notre vision de l’écrivain et éclaire l’effervescence créatrice d’une jeune génération dans l’Algérie des années 1930. Il est présenté plus avant sur ce site et sera l’objet d’une rencontre le mercredi 6 novembre à la librairie Compagnie (rue des Écoles à Paris), avec la participation de Daniel Mesguich qui en lira des extraits.
D’ici là, d’autres rendez-vous dans notre rubrique « agenda ».
Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire à Blois, deux conférences le samedi 12 octobre : « Louise Michel : autoportrait de l’artiste en jésuite », par Claude Rétat (voir ses livres Art vaincra ! et La Révolution en contant) ; et « Lire Loti aujourd’hui », par Alain Quella-Villéger, au château du Guérinet (à deux pas de Blois), qui fut propriété de l’éditeur historique de Pierre Loti, Calmann-Lévy. Puis, le lundi 14 octobre, une rencontre à l’IMEC (Paris) autour de Leïla Sebbar nouvelliste (voir son dernier livre, Dans la chambre), avec la participation de Manon Paillot. La rencontre sera animée par Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC.
Ici, très bientôt, d’autres nouveautés, d’autres rendez-vous.
P.S.– Important : si vous souhaitez recevoir notre lettre d’infos (périodicité mensuelle), merci de renseigner le cadre « Lettre d’infos » ci-dessous.

Edito #1

De Patrice Rötig

 

L’offre de livres demeure pléthorique, tandis que leurs ventes connaissent depuis maintenant quelques lustres une régulière érosion. La faute au numérique ? Non : la part de marché du livre numérique « classique », autrement dit la simple duplication du livre papier pour tablette et autres écrans, est mince et ne croît guère. Et oui : c’est d’abord via leurs écrans, sous une forme dématérialisée, que, désormais, bien des publics approchent ou sont susceptibles d’approcher des livres qui les transportent. De là à entrer dans une librairie, il y a un pas que peu franchissent, d’autant que les écrans sont chronophages et favorisent le zapping qui fait mauvais ménage avec le temps long de la lecture.

« Bien des publics » ? Les jeunes générations rompues aux nouvelles technologies, bien sûr. Aussi leurs aînés qui se les approprient et, parmi eux, non les classes ayant reçu une formation supérieure et formant le dernier carré des fidèles du livre papier, mais celles qui, tôt lancées dans le monde du travail, se tiennent souvent à l’orée du monde du livre dont, pourtant, elles pressentent la richesse. Leur maîtrise des codes d’accès au monde numérique peuvent les y conduire. Tel est le credo – l’utopie – de l’auteur de notre nouveau site, Philippe Busser, issu d’une famille ouvrière de la ville industrielle de Commentry (Allier), soit dit en passant la première municipalité socialiste du monde (1882).

Pour les y conduire, cet amoureux des livres (il en a édité de beaux, à commencer par Le Village 2014, celui qu’il habite, Montvicq), ce fidèle des émissions exploratrices de France Culture, cet artiste qui fut d’abord musicien avant de s’adonner à la photographie (il n’enjolive rien, il montre tout, les fils téléphoniques et électriques qui strient le ciel de Montvicq, les toits « provençaux » des maisons modernes de son Bourbonnais qui émergent de haies de thuyas), pour les y conduire, donc, Philippe Busser fait flèche de tout média. Point de départ : ce site, disons un « hub », d’où partir, d’où redémarrer. Non plus un site d’affichage mais un site qui joue de tous les médias, qui donne à voir et à entendre nos livres.

À les entendre surtout, du moins demain. Peut-être proposerons-nous bientôt des livres “audio”, dont le marché se développe. Auparavant, Philippe Busser veut réaliser ou faire réaliser des créations sonores de haute définition autour de l’univers d’un livre, d’un écrivain. Elles pourront introduire des rencontres ou même constituer à elles seules des spectacles. Et elles pourront donner leur singularité à de véritables livres numériques où le texte sera aussi assorti d’images, animées ou non, voire d’entretiens avec l’auteur ou des personnes chez qui le texte résonne : des livres d’un nouveau type vers lesquels viendrait un nouveau public et qui, par la suite, conforteraient le livre premier, le livre papier.

Les maisons artisanales comme la nôtre sont, à plusieurs égards, bien placées pour s’aventurer dans la réalisation de tels livres. La prise de risque est leur lot, avec l’aide salutaire des pouvoirs publics qui soutiennent la chaîne du livre, à commencer par l’État qui, via la DRAC Auvergne, a subventionné la création de ce nouveau site et, via le CNL, soutient l’acquisition de matériels pour la création et la réception de sons de haute qualité. De plus, généralement moins portées, comme les grandes maisons, à surproduire, elles accompagnent longtemps les livres, en nombre limité et souvent innovants, qu’elles éditent : doubler d’une édition numérique sophistiquée l’édition papier de leurs livres sera pour ceux-ci un gage de pérennité.

C’est dans cette voie que, prudemment, nous voulons nous engager. Idéalement avec d’autres maisons, amies, de notre acabit. Des discussions sont en cours ; elles pourraient vite déboucher sur des projets communs, que nous présenterons sur ce site dès qu’ils seront mûrs. Un site neuf qui marque cette volonté d’opérer résolument un virage numérique et que nous vous invitons à découvrir et à visiter souvent : il s’enrichira peu à peu de créations sonores, aussi et entre autres de blogs ; il se veut à l’image de cette maison qui préfère les questions aux réponses, une maison ouverte au voisin comme à l’étranger, créant des ponts entre eux.

Cette précision, enfin : les biographies des auteurs données dans le site sont généralement celles que nous avons fournies dans les derniers livres papier qu’ils ont publiés chez nous. Lorsque ces livres sont anciens, elles ne sont plus à jour. Nous nous emploierons, progressivement, à les réactualiser.

BLEU AUTOUR

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Ce site est édité avec le concours de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes

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