Le long du Bosphore, la série des villages riverains ne s’interrompt jamais, et c’est comme une même rue qui, de la Marmara, s’en irait à la mer Noire, une rue infiniment diverse où de vieux quartiers rustiques alternent avec de grands jardins murés, des fontaines, des palais tout près du bord, des mosquées presque dans l’eau. Ce soir, comme il fait un adorable beau temps, la flânerie orientale en plein air se prolongera tard, devant les petits cafés et sur les portes. D’innombrables lampes à la mode ancienne nous montrent au passage des groupes de paysans d’Europe ou d’Asie, en longues moustaches, bonnet rouge et veste de toute couleur, qui sont attablés dehors devant des narguilhés et des verres d’eau pure. Des petites boutiques de fruits regorgent de raisins, de figues et de pastèques. Et, à l’entrée des grandes demeures princières jalousement closes, des eunuques noirs prennent le frais en compagnie de gardes (cavas) tout chamarrés d’or.
Thématique : Pierre Loti
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