Le saut de l'ombre

Collection

C’était un palmier rondelet, de ceux qu’on dit parfois en état de grossesse là où ils croissent, parce qu’au milieu du tronc il y a une proéminence sphérique, et, comme ils ne sont pas très hauts, on peut y voir la figure ferme et solide d’une femme enceinte. Les feuilles généreuses lui pendaient de la tête au ventre. Elles étaient blondes, dorées, avec des épis gonflés sur le point d’éclater.
On venait de le peindre. Il dominait la façade arrière du sanctuaire, tournée vers le fleuve, dos aux Monegres. Irene s’en approcha et suivit d’un doigt les feuilles de blé. On les avait peintes de purpurine épaisse, encore fraîche. Elle se passa le doigt sur les joues sans préméditation. Son visage en fut marqué de deux traces dorées qui accentuaient sur sa face la forme de triangle et qui, si elle s’était vue dans un miroir, la faisait beaucoup ressembler à la grand-mère Lola.
Mais Irene n’en était pas consciente. Elle était fascinée par l’image, comme si elle la voyait pour la première fois. Elle n’avait pas l’air de se rappeler qu’au petit matin elle avait rêvé du palmier à blé ; depuis qu’elle était sortie de chez ses parents à la recherche du pertuis, le temps semblait être devenu fou. Mais elle était arrivée au sanctuaire au rythme voulu, avec précision. Ni avant que quelqu’un ne peigne le palmier ni pendant qu’il le peignait, ni quand la peinture était déjà sèche : elle était arrivée là, c’est tout.

Les voix de la terre s’élèvent portées par une plume à la force magique !

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